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Le 04 Août 2016 


O. VALENTIN

Qu’est ce qui fait qu’un artiste choisit un medium plutôt qu’un autre ? les circonstances, les rencontres, son parcours de vie…  C’est peut-être ce dernier point qui peut expliquer pourquoi Olivier Valentin , depuis toujours , a choisi le collage comme mode d’expression. Il aime raconter des histoires, son histoire, construire une intrigue, un scénario, emmener le spectateur à travers les méandres de son univers, dévider le fil de l’actualité et l’écrire autrement.  L’art du collage se prête à merveille à ce propos.

 

Dans les collages d’Olivier Valentin, existe toujours un personnage campé dans un univers différent de lui, comme s’il se trouvait perdu dans une ville ou en décalage avec son environnement. Les fragments de rêve s’entremêlent avec les bribes de la réalité ; l’humour et la poésie ont  droit de cité et sont un guide dans la jungle des émotions, des images et des évènements qui nous assaillent.

 

Olivier Valentin a toujours manipulé les matériaux, récupéré, détourné. Dans une vie antérieure, il utilisait des accumulations de bois, des résidus de palette pour créer, mais le démon du collage l’a pris dès l’enfance : il customisait déjà les postes de radio de sa mère.  Il s’est aussi intéressé très tôt à l’art urbain. Durant cette période, il peint des fresques  au sol, sur les murs. A ciel ouvert. Son expression artistique est une seconde nature, car  dans ses collages, Olivier Valentin n’utilise pas des journaux ou les matériaux habituels des collagistes (affiches notamment).  il préfère les papiers et les tampons. Il sélectionne toutes sortes de papiers. : vieux, fins, épais, transparents ;  papiers peints, papiers anciens ; il part à leur quête, chine, il les traque dans des brocantes, sur internet. S’ensuit une  étrange alchimie suivie d’une osmose avec un ressenti lié à une image qui déclenche un processus. A partir de ce point de départ s’articule un écheveau de réminiscences et de clins d’œil. La famille de l’artiste comme l’actualité tissent la trame de ce puzzle dont il assemble les morceaux avec patience. Il  recompose, dessine, écrit, peint et  élabore sur sa toile une cartographie morcelée qui nous fait voyager à travers des écritures, des hiéroglyphes, des calligraphies et des graffiti.  La fluidité des œuvres abouties s’atteint au prix d’un long travail de maturation. Le message, subtil, passe en douceur. Il faut décrypter les œuvres d’Olivier Valentin. Comme dans une BD, chaque détail compte. L’artiste ne juxtapose pas, il met en scène. Avec raffinement, convoquant tour à tour Pollock, Warhol, COBRA, l’art urbain, l’art singulier, l’Oulipo, la figuration narrative, le post pop. Mais si sa famille artistique est élargie, il ne se laisse enfermer nulle part. Il garde surtout intact sa capacité de s’émerveiller de la puissance de l’écriture quand il gribouillait ses premiers mots sur son bureau d’écolier. Cette magie et cette innocence, la nostalgie, la puissance poétique composent l’univers abouti de cet artiste   qui revisite avec subtilité son histoire  l’histoire et toutes les histoires qui nous habitent et dont nous n’osons par forcément parler.

 

Brigitte Camus

Auteure de  « Buffet ou la psychanalyse en signature »